Etudes greeniennes n° 1. Julien Green et l’Amérique

Editorial

Prendre part à une naissance est toujours une émotion. Mais il est plus juste de parler de renaissance. Avec ce premier numéro de notre revue, désormais annuelle, ce sont en effet les deux bulletins proposés pendant quinze années aux adhérents de la Société Internationale d’Études Greeniennes qui reçoivent une forme plus épanouie, plus gourmande, plus nourricière. Mais tels des aïeux respectés, ils demeurent dans nos archives, à la disposition de tous. Leurs articles de fond sont répertoriés sur notre site Internet.

Le lecteur trouvera dans notre nouvelle publication toutes les rubriques appelées par notre intérêt commun pour l’œuvre de Julien Green : comptes rendus des ouvrages, des travaux et des manifestations la concernant, échos des réalisations de la Société Internationale d’Études Greeniennes, annonces de ses projets, redécouverte d’archives. Mais nous ouvrons nos volumes beaucoup plus largement aux études scientifiques sur la vie, la personnalité et l’œuvre de Julien Green. Chaque année, le comité de rédaction fixera l’orientation des travaux de recherche qui témoigneront, par leur diversité, de la chatoyante richesse de l’univers greenien.

L’Amérique est si étroitement liée à la conscience et à l’inconscient de l’écrivain qu’elle inaugure avec bonheur ce nouveau cycle d’études. Nos lecteurs y trouveront éclairés les rapports complexes – et même mystérieux pour nous, habitants d’un autre monde –, que « l’exilé » entretient, tout au long de sa vie, avec la « terre lointaine » de ses ancêtres. Après cette projection dans l’espace greenien, nous explorerons, en 2010, le rapport de Julien Green à son temps, l’inscription de sa vie et de son œuvre dans un vingtième siècle qu’il a traversé en y demeurant jusqu’au bout étonnamment vivant.

Au seuil de ce premier numéro, nous attirons l’attention sur deux hommages d’une rare qualité rendus à l’homme que fut Julien Green. L’un est de Françoise Malettra. Il a ouvert la soirée organisé par la SCAM le 25 novembre 2008. Il transmet de façon vibrante l’émotion, profonde et mystérieuse, née chez la journaliste de ses rencontres régulières avec Julien Green. Or, c’est une expérience d’une aussi profonde qualité que constituent pour Claude Mauriac ses retrouvailles avec Julien Green dans les années quatre-vingt. Nous en rendons témoignages par deux extraits du Temps accompli. Nous sommes heureux et fiers d’offrir à nos lecteurs ces émouvantes résurrections des liens que l’écrivain savait tisser avec les visiteurs qu’il estimait. Ces documents sont à l’image des archives que notre revue proposera pour que demeure vivante la mémoire de Julien Green.

C’est donc avec enthousiasme que le comité de rédaction entreprend de correspondre, par la richesse des informations, la qualité scientifique des études, la force émotionnelle des témoignages, à l’intérêt, l’admiration, l’attachement profond et durable que suscite chez tant de lecteurs l’œuvre de Julien Green. Que Monsieur Jean-Éric Green qui a consenti à l’usage du nom de son père en tête de notre publication et nous a fourni le cliché photographique qui orne sa couverture en soit, ici, très vivement remercié.

9 novembre 2009, par Marie-Françoise Canérot

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